De 1960 à aujourd'hui, le monde informatique a énormément évolué, de la conception des ordinateurs à l'avènement d'Internet, en passant par les langages de programmation. Au fil des ans, ces derniers sont devenus davantage concis, plus performants et plus sûrs, avec plusieurs paradigmes de programmation. Pascal, né pendant les premières années de la programmation structurée, fête aujourd'hui ses 50 ans. Utilisé dans le développement logiciel, Pascal est surtout très présent dans l'enseignement. Alors, que vaut-il aujourd'hui face à une concurrence plus sûre et plus performante ?Pascal : comment le langage de programmation est-il né ?
Pascal est un langage de programmation publié pour la première fois en 1970. Son auteur, Niklaus Wirth, s'est inspiré de ses travaux précédents sur l'Algol W dont il n'était pas totalement satisfait. En effet, à la fin des années 1950, les langages Fortran (FORmula TRANslator) pour les applications scientifiques et Cobol (COmmon Business Oriented Language) pour les applications commerciales dominaient. En 1960, un comité international a publié le langage Algol 60. C'était la première fois qu'un langage était défini par des constructions formulées de manière concise et par une syntaxe précise et formelle.
Niklaus Wirth, inventeur du langage de programmation Pascal
Environ deux ans plus tard, ses pères ont décidé d'apporter quelques corrections et améliorations au langage, car Algol 60 n'était destiné qu'au calcul scientifique. Un groupe de travail a donc été formé pour ce projet. Toutefois, tout le monde n'était pas d'accord sur les nouvelles spécifications à ajouter au jeune langage, ce qui a donné naissance à deux factions au sein de la communauté. L'une d'entre elles visait un second langage avec des concepts radicalement nouveaux, non éprouvés et avec une flexibilité omniprésente. Wirth ne faisait pas partie de ce sous-groupe dont la proposition fut acceptée et donna naissance plus tard à l'Algol 68.
Il a quitté le groupe vers 1966 et s'est consacré, avec quelques étudiants en doctorat de l'université de Stanford, à la construction d'un compilateur pour la proposition qu'il avait faite. Le résultat a été le langage Algol W en 1967. Il a déclaré que l'Algol W était utilisé sur de nombreux gros ordinateurs IBM. Wirth raconte qu'Algol W a connu un grand succès comparativement à l'Algol 68. « Le jalon Algol 68 est apparu, puis a rapidement sombré dans l'obscurité sous son propre poids, bien que certains de ses concepts aient survécu dans les langages suivants », a-t-il déclaré.
Cependant, Algol W n'était pas parfait à son goût, car il contiendrait encore trop de compromis, étant donné qu'il était issu d'une commission. Wirth entreprit alors de nouveaux travaux et parvint à développer un tout nouveau langage en fonction de ses propres préférences qu'il appelle Pascal. Dans un mémo sur le site de l'ACM (Association for Computing Machinery), une association internationale à but non lucratif vouée à l'informatique, il a déclaré que ce travail lui a réservé beaucoup de surprises et que ses collaborateurs et lui ont vécu une expérience désastreuse pendant le développement.
Ils voulaient décrire le compilateur en Pascal lui-même, le traduire manuellement en Fortran, et enfin compiler le premier avec le second. Wirth a déclaré que cela fut un grand échec, notamment en raison de l'absence de structures de données en Fortran, ce qui a rendu la traduction très lourde. Toutefois, un second essai lui a réussi, où au lieu du Fortran, le langage Scallop a été utilisé. Notons que Wirth fut professeur-assistant à l'université de Stanford de 1963 à 1967, puis à l'université de Zurich. Il devient ensuite professeur d'informatique à l'EPFZ (École polytechnique fédérale de Zurich), avant de prendre sa retraite en avril 1999.
Pascal : un langage conçu pour être facile à enseigner
Wirth a déclaré que, comme son précurseur Algol 60, Pascal comportait une définition précise et quelques éléments de base lucides. Les instructions décrivaient les affectations de valeurs aux variables et les exécutions conditionnelles et répétées. En outre, il y avait des procédures, et elles étaient récursives. Selon l'auteur, les types et les structures de données constituaient une extension importante et ses types de données élémentaires étaient les nombres entiers et réels, les...
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